Michel Sardou , né le 26 janvier 1947 à Paris, est un chanteur et comédien français.
Fils des comĂ©diens Fernand Sardou et Jackie Sardou, et petit-fils de Valentin Sardou, Michel Sardou est le descendant d’une tradition familiale dans le monde du spectacle depuis le milieu du xixe siĂšcle.
Auteur de nombreux succÚs, il compte parmi les chanteurs français les plus populaires.
AprĂšs des dĂ©buts difficiles chez Barclay Records, Sardou connaĂźt un dĂ©but de notoriĂ©tĂ©, en 1967, avec Les Ricains, d’autant que la censure qui frappe la chanson attire l’attention sur lui.
Ce n’est cependant qu’au dĂ©but des annĂ©es 1970 que sa carriĂšre connaĂźt un vĂ©ritable second dĂ©part. Il enchaĂźne alors les succĂšs et devient en quelques annĂ©es l’un des artistes les plus apprĂ©ciĂ©s du public.
à partir des années 1990 les tubes se font moins nombreux, sa popularité demeure intacte et il établit souvent des records de fréquentation lors de ses tournées et concerts parisiens.
Depuis la fin des années 2000, il accorde une place de plus en plus importante à ses activités de comédien de théùtre.
Michel Sardou développe tout au long de sa carriÚre une identité artistique singuliÚre, du fait de la grande diversité des thÚmes abordés dans ses chansons.
Bien qu’il rĂ©cuse le terme de « chanteur engagĂ© », les nombreux regards qu’il lance sur la sociĂ©tĂ© ont divisĂ© la classe mĂ©diatique et les commentateurs Ă de multiples reprises, dĂ©clenchant plusieurs controverses dans les annĂ©es 1970 et s’attirant les foudres de nombreuses associations, politisĂ©es ou non, et principalement du Mouvement de libĂ©ration des femmes (MLF).
Il subit des polĂ©miques qui, toutefois, n’ont jamais affectĂ© son succĂšs puisque en cinquante annĂ©es de carriĂšre, il a enregistrĂ© 26 albums studio et 18 albums live, rĂ©unissant un total de plus de 350 chansons, et reçu quatre Victoires de la musique.
Michel Sardou a vendu plus de 100 millions de disques, ce qui le classe parmi les plus grands vendeurs de disques français.
Michel Sardou naßt le 26 janvier 1947 à Paris, à 14 heures, dans une clinique de la rue Caulaincourt située dans le 18e arrondissement .
« Enfant de la balle », fils unique de la danseuse et comĂ©dienne Jackie Sardou et du chanteur et comĂ©dien Fernand Sardou, petit-fils de Valentin Sardou, il est lâhĂ©ritier dâune longue tradition familiale dans les mĂ©tiers du spectacle.
Il est d’origine provençale par son pĂšre et parisienne par sa mĂšre. Ses grands-parents paternels Ă©taient en effet comiques de scĂšne Ă Marseille et sa grand-mĂšre maternelle Ă©tait danseuse de cabaret dans la capitale.
FrĂ©dĂ©ric Quinonero Ă©met l’hypothĂšse que le nom « Sardou » renverrait à « sarde », une langue parlĂ©e en Sardaigne
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TrĂšs jeune, il est Ă©levĂ© dans le petit village de KĆur-la-Petite dans la Meuse par une nourrice qui exerce la profession de garde-barriĂšre , Marie-Jeanne, Ă qui il dĂ©die la chanson Marie ma belle en 19946.
Mais cette existence ne dure pas, et il passe son enfance Ă suivre ses parents dans les cabarets parisiens oĂč ils se produisent et assiste Ă leurs tournĂ©es , ce qui reprĂ©sente une passion pour lui.
Alors pensionnaire au collĂšge du Montcel , Ă©tablissement privĂ© luxueux de Jouy-en-Josas, sa situation scolaire peu brillante et la vie qu’il mĂšne, entre coulisses et salles de spectacles, le poussent petit Ă petit Ă envisager d’arrĂȘter ses Ă©tudes qui ne l’intĂ©ressent pas.
En 1964, ĂągĂ© de dix-sept ans, aprĂšs avoir passĂ© la premiĂšre partie de son baccalaurĂ©at, il projette de s’enfuir au BrĂ©sil afin d’y monter une boĂźte de strip-tease . Son pĂšre le rattrape de justesse Ă l’aĂ©roport.
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Durant la premiĂšre partie des annĂ©es 1960, Michel Sardou chante dans diffĂ©rents cabarets de Montmartre, dont celui de Patachou  (mĂšre de l’auteur-compositeur Pierre Billon, avec qui il se lie d’amitiĂ© et avec lequel il collabore Ă partir des annĂ©es 1970). Il officie Ă©galement le soir comme serveur-artiste (1963) et chanteur (1964-1965) au cabaret Chez Fernand Sardou ; dans la journĂ©e il prend des cours de théùtre chez Raymond Girard puis chez Yves Furet.
C’est au théùtre du ChĂątelet qu’il rencontre la danseuse Françoise PettrĂ©, avec laquelle il se marie en 1965 Ă l’Ă©glise Saint-Pierre de Montmartre.
AprĂšs avoir tournĂ© en tant que figurant dans le film Paris brĂ»le-t-il ? de RenĂ© ClĂ©ment en 1965, Michel Sardou dĂ©croche un premier contrat avec la maison de disques Barclay Records. Il dĂ©bute dans la chanson la mĂȘme annĂ©e avec le 45 tours Le Madras coĂ©crite avec ses amis Michel Fugain et Patrice Laffont.
Cette chanson qui est une charge contre le mouvement hippie lui offre un premier passage Ă la tĂ©lĂ©vision, durant lequel il est confrontĂ© Ă un jury, dans lequel figure l’acteur Jean Yanne.
Ces derniers ne l’estiment pas capable de percer dans le monde de la chanson, et la sortie du Madras passe incognito. Sâensuit une sĂ©rie de 45 tours qui, petit Ă petit, lui donnent un dĂ©but de notoriĂ©tĂ©, sans pour autant rencontrer de vĂ©ritable succĂšs commercial.
En 1966, il fait la rencontre de Jacques Revaux, qui devient son plus fidÚle collaborateur et le compositeur de nombreuses chansons, dont beaucoup figurent parmi les classiques de son répertoire.
Mais la mĂȘme annĂ©e, il est arrĂȘtĂ© par les gendarmes, pour avoir oubliĂ© de rĂ©pondre au recensement militaire, dans la salle de Bobino oĂč il assure la premiĂšre partie du spectacle de François Deguelt. Conduit Ă la caserne de MontlhĂ©ry, il doit alors assumer dix-huit mois de service militaire.
Cette expérience lui inspire, cinq ans plus tard, la chanson satirique Le Rire du sergent.
Sa carriĂšre est rĂ©ellement lancĂ©e en 1967, avec le titre Les Ricains, aussitĂŽt censurĂ© : alors que la France est sortie du commandement intĂ©grĂ© de lâOTAN un an plus tĂŽt, et que la guerre du ViĂȘt Nam provoque une vague dâantiamĂ©ricanisme, Michel Sardou chante le devoir de reconnaissance envers les Ătats-Unis sans qui, affirme-t-il, « vous seriez tous en Germanie / Ă parler de je ne sais quoi / Ă saluer je ne sais qui », claires allusions Ă la LibĂ©ration de 1944 par les forces alliĂ©es.
La chanson n’est pas du goĂ»t du PrĂ©sident de la RĂ©publique Charles de Gaulle qui recommande sa non diffusion Ă l’ORTF, le refrain Ă©tant notamment perçu comme une critique de la ligne gĂ©opolitique gaullienne. Un gendarme intervient mĂȘme Ă Europe n°1 pour se saisir du 45 tours.
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Cet Ă©pisode confĂšre au chanteur une notoriĂ©tĂ© nouvelle mais encore fragile. Entre 1967 et 1970, il peine toujours Ă rencontrer un franc succĂšs ; seule la chanson Petit, en 1968, obtient un succĂšs d’estime. Devant lâenchaĂźnement de 45 tours au succĂšs trĂšs mitigĂ©, Eddie Barclay dĂ©cide en 1969 de rĂ©silier son contrat, ne l’estimant « pas fait pour ce mĂ©tier ». Le mĂȘme jour, Barclay licencie Ă©galement Pierre Perret.
Le 27 juin 1969, Michel Sardou signe avec la maison de disque TrĂ©ma, un label discographique créé la mĂȘme annĂ©e par Jacques Revaux et RĂ©gis Talar afin de poursuivre la production de ses disques. Sa premiĂšre fille, Sandrine, naĂźt le 15 janvier 1970.
En 1970, il atteint vĂ©ritablement le statut de vedette. Il enregistre l’album J’habite en France, dont est extrait le 45 tours qui devient son premier grand succĂšs radiophonique et commercial : Les Bals populaires. Alors quâil n’en voulait initialement pas, cette chanson le place en premiĂšre place du hit-parade et termine quatriĂšme plus gros succĂšs de l’annĂ©e 1970.
Plus tard dans l’annĂ©e, les titres Jâhabite en France et Et mourir de plaisir, extraits du mĂȘme album, s’imposent aussi comme de grands succĂšs.
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Le style de lâalbum J’habite en France, qui obtient le prix de l’AcadĂ©mie Charles-Cros remis par le PrĂ©sident de la RĂ©publique Georges Pompidou en 1971, vaut Ă Sardou d’ĂȘtre classĂ© dans la catĂ©gorie « chanteur populaire ». La chanson du mĂȘme nom lâimpose mĂȘme comme le chanteur de la « France profonde » aux yeux des mĂ©dias. Câest une image dont il peine Ă se dĂ©faire au cours de sa carriĂšre, bien quâil ne se soit pas Ă©ternisĂ© dans le registre de la chanson Ă boire.
Les Bals populaires ouvrent cependant la voie Ă une dĂ©cennie de succĂšs permanent : Ă chaque sortie dâalbum, Sardou se hisse dans les premiĂšres places du hit-parade. Câest le cas avec Le Rire du sergent (1971), Le Surveillant gĂ©nĂ©ral (1972), et en 1973, avec La Maladie d’amour.
Cette chanson reste Ă ce jour son plus gros succĂšs radiophonique, l’album du mĂȘme nom restant 21 semaines en tĂȘte des ventes, un record pour l’Ă©poque. Cette rĂ©ussite est confirmĂ©e avec le succĂšs rencontrĂ© par les chansons qui suivent : Les Vieux MariĂ©s, Les Villes de solitude (1973), Une fille aux yeux clairs (1974).
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En 1971, Michel Sardou se produit pour la premiĂšre fois Ă l’Olympia. Mais parallĂšlement Ă sa popularitĂ©, le chanteur fait lâobjet de polĂ©miques de plus en plus vives.
Des voix fĂ©ministes, dont le Mouvement de libĂ©ration des femmes, sâĂ©lĂšvent contre les chansons Les Villes de solitude, oĂč Sardou se mettant dans la peau d’un homme sous l’emprise de l’alcool, chante « J’ai envie de violer des femmes, de les forcer Ă m’admirer » et Les Vieux MariĂ©s, au ton perçu comme patriarcal en raison des vers suivants : « Tu m’as donnĂ© de beaux enfants, tu as le droit de te reposer maintenant ». Ces militantes manifestent frĂ©quemment devant les salles oĂč le chanteur doit se produire.
Sa seconde fille Cynthia voit le jour le 4 dĂ©cembre 1973. Un fils, Romain, lui naĂźt le 6 janvier 1974 de sa relation avec Ălizabeth Haas, dite « Babette », qu’il Ă©pouse par la suite en 1977.
Durant l’Ă©tĂ© 1974, Johnny Hallyday et Michel Sardou se produisent ensemble, le 3 aoĂ»t, aux arĂšnes de BĂ©ziers et le 28 aoĂ»t Ă la patinoire de GenĂšve. L’ordre d’entrĂ©e en scĂšne est jouĂ© aux dĂ©s par les deux protagonistes : Sardou joue en premiĂšre partie et Hallyday assure la seconde. Il le rejoint pour le final et pour La Musique que j’aime et Johnny B. Goode interprĂ©tĂ©s en duos.
Le chanteur se produit une deuxiĂšme fois Ă l’Olympia du 26 dĂ©cembre 1974 au 2 fĂ©vrier 1975, spectacle dont Carlos assure la premiĂšre partie.
En novembre 1975, sort le 45 tours Le France, chanson dans laquelle Sardou s’exprime au nom du paquebot du mĂȘme nom, Ă cette Ă©poque amarrĂ© Ă un quai du port du Havre, alors que le gouvernement de Jacques Chirac a annoncĂ© mettre fin Ă la prise en charge de son dĂ©ficit : « Ne m’appelez plus jamais France / La France, elle m’a laissĂ© tomber », chante-t-il.
La chanson, qui devient par la suite un classique de son rĂ©pertoire, se vend Ă plus dâun million dâexemplaires et lui vaut d’ĂȘtre saluĂ© par les syndicats et le Parti communiste français , malgrĂ© son image de chanteur engagĂ© Ă droite et les hostilitĂ©s qui les avaient dĂ©jĂ sĂ©parĂ©s. En signe de rĂ©torsion, ValĂ©ry Giscard d’Estaing lance contre lui une procĂ©dure de redressement fiscal, comme l’explique plus tard le chanteur . Cette chanson prĂ©cĂšde un album â La Vieille â qui, malgrĂ© son succĂšs, cause au chanteur de forts dĂ©sagrĂ©ments.
Le pĂšre de Michel Sardou, Fernand Sardou, meurt le 31 janvier 1976.
Au dĂ©but de la mĂȘme annĂ©e, Sardou se lance dans l’Ă©dition d’un magazine, M.S. Magazine, dans un esprit de rivalitĂ© et mĂȘme de polĂ©mique avec Claude François qui a repris Podium et en a fait un magazine Ă succĂšs. Cinq numĂ©ros paraissent entre le 1er janvier et le mois de juin 1976.
AprĂšs avoir suscitĂ© moqueries et controverses, le journal disparaĂźt dans lâindiffĂ©rence gĂ©nĂ©rale. C’est un gouffre financier pour Sardou qui y a investi plus de deux millions et demi de francs.
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Ă l’Ă©tĂ© 1976, la chanson Je vais t’aimer, deuxiĂšme extrait de l’album Ă paraĂźtre, vaut Ă Sardou un nouveau trĂšs gros succĂšs et s’impose comme l’un des titres les plus importants de sa carriĂšre. Le 14 juillet 1976, dans le cadre des cĂ©lĂ©brations de la fĂȘte nationale, Sardou se produit Ă Strasbourg devant plus de 150 000 spectateurs, accompagnĂ© par un orchestre dirigĂ© par Jean Claudric et composĂ© de cent musiciens. L’Ă©vĂ©nement est retransmis en direct sur Europe n°1 et sur FR3.
En outre, malgrĂ© le grand succĂšs public de l’album La Vieille â qui dĂ©passe le million d’exemplaires vendus â, plusieurs titres issus de cet opus suscitent la polĂ©mique : Jâaccuse, Le Temps des colonies et surtout Je suis pour lui valent de nombreux dĂ©boires.
Avec Le Temps des colonies, Sardou se voit accusĂ© de faire lâapologie dâun colonialisme primaire et raciste. Les radios refusent de diffuser le titre, sauf France Inter, qui ne le passe quâune seule fois.
Le quotidien LibĂ©ration commente alors au sujet de la chanson : « Le fascisme nâest pas passĂ© et Sardou va pouvoir continuer Ă sortir ses sinistres merdes Ă lâantenne ». Face aux incomprĂ©hensions que la chanson suscite, Sardou demande lui-mĂȘme le retrait de sa commercialisation en format 45 tours.
Le caractĂšre social des chansons de l’album sâĂ©tend jusqu’Ă Je suis pour, chanson qui Ă©voque un pĂšre dont lâenfant a Ă©tĂ© assassinĂ© et qui clame Ă cor et Ă cri : « Tu as tuĂ© lâenfant dâun amour / Je veux ta mort, je suis pour ».
Le titre sort en pleine affaire Patrick Henry et met dĂ©finitivement le feu aux poudres, Sardou se voyant accusĂ© de faire lâapologie de la peine de mort. Le chanteur sâen est pourtant toujours dĂ©fendu en prĂ©tendant illustrer la loi du talion.
Alors que le chanteur semble se positionner nettement Ă droite, ses principaux dĂ©tracteurs sont LibĂ©ration, Rouge et Le Quotidien du Peuple, trois journaux marquĂ©s Ă gauche. Sardou dĂ©chaĂźne des batailles Ă©ditoriales, comme dans les colonnes de L’HumanitĂ©, mais il suscite Ă©galement de profondes interrogations sur le sens sociologique de son succĂšs.
Dans Rouge, on peut lire par exemple : « Le propre dâun chanteur comme Sardou est dâĂȘtre parvenu Ă donner forme Ă une chanson rĂ©actionnaire, au sens fort du mot. Il exprime les effets de la crise des valeurs et de lâidĂ©ologie traditionnelle sur ceux qui ne sont pas prĂȘts Ă remettre prĂ©sentement celle-ci en cause ».
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Les pro et les anti-Sardou, journalistes comme artistes, font entendre leur voix. Ses soutiens Ă©crivent dans les colonnes du Figaro, de Paris Match ou mĂȘme du Monde. Plusieurs artistes, pourtant engagĂ©s Ă gauche, le soutiennent, comme Yves Montand, Serge Reggiani, Bernard Lavilliers ou encore Maxime Le Forestier, au nom de la libertĂ© d’expression.
Le 11 mars 1977, l’Ă©crivain et polĂ©miste Jean Cau prend la dĂ©fense de Sardou dans Paris Match, dans un style teintĂ© d’ironie Ă l’Ă©gard de ses dĂ©tracteurs, et rapportant le climat de violence qui rĂšgne alors autour du chanteur.
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DĂ©but 1977, un comitĂ© « anti-Sardou » se forme sous l’impulsion du journaliste belge Bernard Hennebert, se donnant pour but dâempĂȘcher le chanteur de donner ses rĂ©citals au cours de la tournĂ©e qui commence en fĂ©vrier 1977. Des manifestations sont organisĂ©es en province contre sa venue, les manifestants lâaccueillent par des insultes Ă son arrivĂ©e, peignent des croix gammĂ©es sur les vĂ©hicules de sa caravane, distribuent des tracts trĂšs virulents.
Le 18 fĂ©vrier 1977, une bombe artisanale est mĂȘme retrouvĂ©e dans la chaufferie de Forest National, Ă Bruxelles. Michel Sardou prend la dĂ©cision dâannuler les deux derniers concerts de sa tournĂ©e.
En 1978 paraĂźt un opuscule intitulĂ© Faut-il brĂ»ler Sardou ? Ă©crit par Louis-Jean Calvet et Jean-Claude Klein, dans lequel ils accusent Sardou d’accointances avec l’extrĂȘme droite
Devant l’ampleur des Ă©vĂ©nements, Michel Sardou prend du recul avec la chanson Ă caractĂšre social â sans y renoncer pour autant, comme en tĂ©moignent les chansons Le Prix d’un homme et Monsieur MĂ©nard, extraits de l’album Je vole (1978), qui Ă©voquent respectivement un enlĂšvement (l’actualitĂ© de cette annĂ©e-lĂ est marquĂ©e par l’enlĂšvement d’Aldo Moro en Italie  ou encore celui du baron Empain en France) et la violence scolaire (un professeur frappĂ© par un Ă©lĂšve).
En 1977, il sort un album Ă nouveau dominĂ© par la chanson d’amour qui lui vaut quelques sommets dans les hit-parades : La Java de Broadway, qui s’Ă©coule Ă plus d’un million d’exemplaires  et contient notamment la chanson Ă©ponyme ainsi que le single le plus vendu de toute sa carriĂšre , succĂšs de l’Ă©tĂ© 1977, le slow Dix ans plus tĂŽt, dont les ventes dĂ©passent 1,3 million d’exemplaires .
Ce 33 tours, comme celui de 1978 Je vole, lui permettent dâenregistrer des records de vente, prouvant que les Ă©vĂ©nements liĂ©s Ă l’album prĂ©cĂ©dent nâont pas altĂ©rĂ© sa popularitĂ©. Les tubes En chantant et Je vole manifestent un retour Ă la thĂ©matique de l’enfance, voire Ă l’introspection.
Ă propos d’En chantant, il dĂ©clare : « J’avais besoin d’une vraie chanson populaire, facile Ă entendre et simple Ă retenir. Les chansons de combat commençaient Ă me fatiguer. J’avais dans l’idĂ©e de changer de mĂ©tier. J’Ă©tais malade, et aucun mĂ©decin ne savait de quoi je souffrais. Quelqu’un m’a conseillĂ© de partir en voyage ; en m’assurant que j’allais m’ennuyer partout, mais qu’en rentrant je serais guĂ©ri. Je suis parti ».
Sardou se marie avec Babette en octobre 1977. Son quatriĂšme et dernier enfant, Davy, naĂźt le 1er juin 1978.
Du 28 octobre au 29 novembre 1978, il se produit pour la premiĂšre fois au Palais des congrĂšs de Paris. Le Temps des colonies figure au programme, mais ni J’accuse ni Je suis pour, l’artiste ayant dĂ©finitivement renoncĂ© Ă l’interprĂ©ter sur scĂšne.
Les albums de 1979 (Verdun) et 1980 (Victoria), qui poussent plus loin cette logique intimiste et personnelle, affichent moins de tubes et moins de titres sortis en 45 tours. Des rumeurs circulent dâailleurs un temps sur une Ă©ventuelle maladie grave, car Sardou se fait plus rare dans les mĂ©dias.
En 1980, il participe Ă la crĂ©ation de la comĂ©die musicale Les MisĂ©rables, interprĂ©tant la chanson Ă la volontĂ© du peuple en prĂȘtant sa voix Ă Enjolras, personnage du roman Ă©ponyme de Victor Hugo. Selon son propre tĂ©moignage, il souhaitait incarner le personnage sur scĂšne mais Robert Hossein, le metteur en scĂšne, ne voulait pas de vedette dans la distribution
Pendant les annĂ©es 1980, Michel Sardou voit sa popularitĂ© se pĂ©renniser. Tout au long de cette dĂ©cennie, il produit de nombreux tubes, aidĂ© par la diffusion radiophonique importante, avant chaque sortie d’album, d’une chanson rythmĂ©e reprĂ©sentant le nouvel opus (Afrique adieu, Chanteur de jazz, Musulmanes, La mĂȘme eau qui couleâŠ).
L’album de 1981 (qui contient deux de ses plus grands succĂšs : Les Lacs du Connemara et Ătre une femme) entre au Livre Guinness pour le niveau de ses ventes.
En outre, la frĂ©quentation de ses spectacles, au Palais des congrĂšs de Paris puis, Ă partir de 1989, au Palais omnisports de Paris-Bercy, est sans cesse croissante. Il se produit la plupart du temps Ă guichets fermĂ©s et bat des records de durĂ©e dans plusieurs salles. Les chiffres qu’il Ă©tablit le classent toujours parmi les chanteurs français les plus populaires. Paraissant plus consensuel, mĂȘme ses titres les plus « engagĂ©s » (le chanteur rĂ©fute encore et toujours ce qualificatif) sortis au cours de cette dĂ©cennie ne suscitent que peu d’Ă©moi.
Que ce soient Vladimir Ilitch (1983), Ă la fois hommage aux idĂ©aux de LĂ©nine et dĂ©nonciation des dĂ©rives du rĂ©gime communiste en URSS, Les Deux Ăcoles (1984), qui Ă©voque lâopposition Ă©cole libre / Ă©cole publique au moment du projet de loi Savary, ou Musulmanes (1986), regard amer sur la condition de la femme dans les pays arabes, ces chansons rencontrent plus de succĂšs que de polĂ©mique.
Avec cette derniĂšre chanson, qui rend avant tout hommage aux femmes musulmanes, Sardou permet Ă©galement d’Ă©loigner de lui les suspicions de racisme portĂ©es contre lui aprĂšs Le Temps des colonies, d’autant qu’il prĂ©cise refuser l’amalgame entre musulmans et « talibans ou poseurs de bombes », qui commencent Ă sĂ©vir dans les annĂ©es 1980.
Il dĂ©clare le 26 novembre 2012 : « Je regrette que des gens bruyants stigmatisent une communautĂ© Ă des fins Ă©lectoralistes. J’avais Ă©crit Musulmanes pour rendre hommage Ă une civilisation, une culture dĂ©jĂ montrĂ©e du doigt Ă lâĂ©poque. Mais lĂ , ça devient dĂ©ment ».
Il participe Ă deux reprises au rallye Paris-Dakar, en voiture, comme co-pilote de Jean-Pierre Jabouille, en 1984 et en 1985, sans jamais parvenir toutefois Ă terminer la course. Cette expĂ©rience au cĆur des paysages sahariens est Ă l’origine de l’Ă©criture de la chanson Musulmanes.
En 1987, Michel Sardou obtient la reconnaissance de la profession en recevant aux Victoires de la musique la Victoire de la chanson originale pour Musulmanes. Il fait son premier passage sur la scĂšne du Palais omnisports de Paris-Bercy en 1989.
Lors de la tournée de cette année, chaque représentation parisienne se termine alors par une mise en scÚne de Robert Hossein impliquant plus de cent figurants sur la chanson Un jour la liberté, écrite spécialement pour commémorer le bicentenaire de la Révolution française.
Au terme de la tournée, le 3 février 1990, il reçoit une Victoire de la musique pour avoir fédéré le plus grand nombre de spectateurs.
L’opus Le Successeur paru en 1988, malgrĂ© son million d’exemplaires vendu, n’affiche pas de succĂšs probant bien que deux titres soient parus en singles (La mĂȘme eau qui coule et Attention les enfants⊠danger).
Ă la fin des annĂ©es 1980, il participe Ă plusieurs Ćuvres caritatives. En 1989, il figure dans la chanson humanitaire de Charles Aznavour Pour toi ArmĂ©nie, parue quelques mois aprĂšs le sĂ©isme du 7 dĂ©cembre 1988 ayant violemment frappĂ© l’ArmĂ©nie, parmi de nombreuses personnalitĂ©s françaises.
Il y interprĂšte un couplet entier. Sardou, qui Ă©tait un ami de Coluche et Ă©tait prĂ©sent le jour de la crĂ©ation des Restos du CĆur, participe Ă©galement avec VĂ©ronique Sanson, Jean-Jacques Goldman, Johnny Hallyday et Eddy Mitchell Ă la premiĂšre tournĂ©e des EnfoirĂ©s, en 1989. Dans le documentaire Qui ĂȘtes-vous Michel Sardou ? de Mireille Dumas diffusĂ© en 2012, il affirme avoir donnĂ© « dix briques », soient 100 000 francs, Ă Coluche pour le lancement de l’association.
Il participe à nouveau aux Enfoirés en 1998, 2004 et 2005.
Michel Sardou se marie avec Françoise PettrĂ© en 1965, alors qu’il est ĂągĂ© de dix-huit ans, pour s’Ă©manciper de l’autoritĂ© parentale, la majoritĂ© Ă©tant Ă l’Ă©poque Ă©tablie Ă vingt et un ans. Leur premiĂšre fille, Sandrine, naĂźt le 15 janvier 1970 et la seconde, Cynthia, le 4 dĂ©cembre 1973. Ils divorcent en 1977.
Il se marie une deuxiĂšme fois, le 14 octobre 1977, avec Elizabeth Haas, dite « Babette » (sĆur de lâastrologue Christine Haas). Elle est la mĂšre de ses fils Romain, nĂ© le 6 janvier 1974, et Davy, nĂ© le 1er juin 1978.
Mais la tumultueuse relation qu’ils mĂšnent durant plus de vingt annĂ©es, ponctuĂ©e d’infidĂ©litĂ©s, les pousse au divorce en 1998. Le chanteur dĂ©clare entretenir un rapport amical avec elle depuis leur sĂ©paration.
Michel Sardou se marie une troisiĂšme fois le 11 octobre 1999 avec l’ancienne rĂ©dactrice en chef de Elle, Anne-Marie PĂ©rier. Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly-sur-Seine, se charge de les unir dans sa mairie.
Le fait que son premier fils Romain soit devenu Ă©crivain, mais surtout que son second fils Davy soit devenu comĂ©dien perpĂ©tue la dynastie d’artistes de la famille Sardou. Davy dĂ©clare dans une interview accordĂ©e au Figaro : « Il y avait quelque chose de magique. Je n’ai pas choisi ce mĂ©tier par atavisme, je ne me suis pas dit que je devais continuer la dynastie pour que mes proches soient fiers de moi. Jouer, c’Ă©tait une envie. »
Bien qu’il ait toujours Ă©tĂ© particuliĂšrement discret sur sa vie privĂ©e, Michel Sardou a vu sa fille Cynthia mise sous les feux de la rampe mĂ©diatique en 1999. La journaliste, qui allait rejoindre son vĂ©hicule le soir du 24 dĂ©cembre 1999, est victime d’un viol collectif.
Elle raconte ce traumatisme dans le livre Appelez-moi Li Lou, paru en 2005. Si elle a, durant de longues annĂ©es, pris de froides distances avec son pĂšre, elle lui tĂ©moigne aujourd’hui une grande reconnaissance pour l’avoir soutenue.
Michel Sardou est aujourd’hui cinq fois grand-pĂšre : ses petits-enfants se nomment LoĂŻs (fils de Sandrine), AliĂ©nor, Gabriel, Victor-Scott (enfants de Romain) et Lucie (fille de Davy).
Il est Ă©galement notoire que Sardou a entretenu des relations cordiales avec le prĂ©sident de la RĂ©publique François Mitterrand, malgrĂ© des opinions politiques a priori opposĂ©es, qui l’a par ailleurs dĂ©corĂ© de la lĂ©gion d’honneur. Il entretient aussi une amitiĂ© avec l’ancien prĂ©sident Nicolas Sarkozy qui a assistĂ© Ă son concert le 7 juin 2013 Ă l’Olympia, bien qu’il ait pris ses distances avec lui depuis.
Depuis les annĂ©es 1970, il est passionnĂ© par les chevaux et le sport hippique. En 2011, il dĂ©cide de s’impliquer dans ce domaine et achĂšte peu Ă peu sept chevaux de course. L’un de ses chevaux remporte le Prix de Louvigny en 2015.
AprÚs avoir habité en Corse, à Miami et à MegÚve, Sardou réside depuis 2010 dans un manoir du xvie siÚcle situé à Bénerville-sur-Mer, dans le Calvados, prÚs de Deauville. Il possÚde une collection de prÚs de deux mille livres anciens.
Opinions politiques
Bien qu’il soit toujours considĂ©rĂ© comme un des principaux « chanteurs de droite »français
Michel Sardou cite Pierre MendÚs France et François Mitterrand parmi ses hommes politiques préférés : « Mes hommes politiques préférés sont morts : de Gaulle, MendÚs, Mitterrand ». Il aurait également milité en faveur de Georges Pompidou. Pour Sophie Girault, il serait un anarchiste de droite, campant le plus souvent des personnages hostiles à la « facilité des idéaux conventionnels »
Dans un entretien accordĂ© Ă Paris Match le 23 janvier 1987, il assume ĂȘtre de droite : « Je suis jeune et pourtant je suis de droite. Je vous le dis. Je ne vois pas ce quâil y a dâantinomique dans cette affirmation. Je le rĂ©pĂšte donc calmement : je suis de droite », bien qu’il refuse de se « dĂ©finir uniquement dans ce concept de droite ».
Il poursuit en Ă©voquant un positionnement nĂ©gatif : « Quand jâaffirme ĂȘtre de droite, câest avant tout une rĂ©action. Je hais le systĂšme socialiste au sens historique du terme. Câest-Ă -dire que jâaccepte de vire dans ce quâil a de primaire, un anti-soviĂ©tisme Ă©pidermique.
Je commence Ă me croire de droite Ă partir du moment oĂč je ne peux pas ĂȘtre de gauche. ». Il prĂ©cise ensuite que son acception de la droite correspond Ă un « individualisme moral et social » et à « la tentation de me croire responsable de mon existence », et en exclut  toute forme de xĂ©nophobie ou de racisme. Il rejette ainsi toute accointance avec les personnalitĂ©s Charles Pasqua et Jean-Marie Le Pen.
Michel Sardou émet un avis critique à propos de la classe politique actuelle, tous horizons confondus.
Il dĂ©clare aujourd’hui n’ĂȘtre « ni de droite, ni de gauche, mais chanteur populaire » et critique la mondialisation : « Aujourdâhui tu dĂ©pends dâun connard qui est Ă lâautre bout du monde, qui fait faillite et dâun seul coup 5 000 mecs en Provence sont au chĂŽmedu. Je nâaime pas cette mondialisation. Et le prĂ©sident ne peut pas y faire grand-chose ».
Ainsi, aprĂšs avoir un temps soutenu Nicolas Sarkozy, il s’est finalement dĂ©clarĂ© déçu par son action lors de son quinquennat, lui reprochant d’avoir beaucoup promis et peu tenu.
Des dĂ©clarations qui furent peu apprĂ©ciĂ©es par l’intĂ©ressĂ© et qui valurent Ă Michel Sardou d’ĂȘtre convoquĂ© Ă l’ĂlysĂ©e (un jour fĂ©riĂ©), pour le lui faire savoir. « On s’est expliquĂ©s, je lui ai redit que j’attendais autre chose de lui, de sa politique. Je suis reparti et il me fait toujours la gueule. Il est trĂšs rancunier. »
AprĂšs cet Ă©pisode, il annonça en 2011 que pour la prochaine prĂ©sidentielle, tout Ă©tait possible, mĂȘme qu’il vote Ă gauche, mais il vota blanc finalement.
AprĂšs l’Ă©lection de François Hollande, il annonce qu’il aurait finalement prĂ©fĂ©rĂ© un second mandat de Nicolas Sarkozy.
Il dĂ©clare en 2013 que « s’il avait 25 ans, il quitterait la France ». Concernant la gauche dans son ensemble, il affirme : « Câest pas la vraie gauche, câest la gauche oĂč il y a un malentendu. Câest Ă dire quâavec la gauche les gens sâimaginent que les petits vont grandir et les gros vont maigrir et en fait, câest les gros qui maigrissent et les petits qui maigrissent encore plus ».
Enfin il Ă©met des rĂ©serves sur le systĂšme du suffrage universel, argumentant : « C’est le boulevard des promesses qui ne sont jamais tenues. N’importe qui peut se prĂ©senter. Moi, demain, si j’ai un peu de pognon, je m’inscris, je passe Ă la tĂ©lĂ© et je propose un programme, c’est ridicule »
Au revoir de Sardou à la chanson en vidéo
Sardou en Larmes
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